J’ai choisi d’adopter un enfant porteur de trisomie. 

Close up of a girl with down syndrome drawing.Certains couples font le choix d’adopter des enfants atteints d’handicap. Des familles dans le silence de leur amour de l’autre, de leur altruisme et de leur respect de la différence, ont décidé d’adopter un enfant porteur de trisomie. Elles sont souvent incomprises, parfois montrées du doigt, y compris par leurs proches. Nous avons cherché à savoir ce qui a motivé leur choix et à éclairer ce que cet enfant différent leur apporte dans leur quotidien.

Adopter un enfant porteur de trisomie, un acte véritable d’amour de l’autre.

Le mot qui revient régulièrement est l’« Amour ». L’amour qui les a poussés et cet amour qu’ils vivent au quotidien. Mais ce n’est pas que cela, il s’agit aussi d’altruisme. De respect de son prochain.
Une maman nous a dit avoir fait ce choix pour offrir une famille à un enfant, qui en plus d’être né handicapé avait perdu cette chance. D’autres nous ont confié que leurs motivations étaient plus religieuses. Il s’agissait notamment de permettre à un enfant d’entrer dans la maison de Dieu. La religion catholique et les valeurs portées par les pratiquants vont dans ce sens de l’amour et de l’acceptation de la différence. D’autres enfin ont eu une révélation, une pulsion. Comme envahis par la volonté de faire le bien.
Il s’agit en général de familles nombreuses. Mais ce ne sont pas les seules. Parfois des couples font ce choix pour leur premier enfant. Cela peut paraître étonnant et périlleux, pourtant cet engagement semble être une véritable évidence pour eux et une formidable richesse pour tout leur entourage (voir cet article Capucine Magazine).

Plaidoyer pour l’acceptation des personnes porteuses de trisomie.

Une maman nous a confié que l’acceptation a bien progressé depuis plusieurs dizaines d’années. Cependant on reste encore loin d’une franche égalité. Le regard, le jugement. Les personnes porteuses de trisomie n’y échappent pas.
Pourquoi un tel rejet? Par peur. Peur de l’étranger. Peur du handicap. Peur de ce qui quelque part nous ramène à nous. Les médias véhiculent l’image illusoire de l’enfant parfait : beau, souriant, bien portant et surtout sans maladie, ni séquelle. Pourtant il n’existe pas d’enfant parfait. De plus, les handicaps les plus rapidement visibles ne sont pas les forcément les plus lourds à porter pour les familles.

« Ce choix a été un des meilleurs que nous ayons fait. »

Ils sont fous ? Ils regrettent ? Ni l’un, ni l’autre. Les parents ayant fait ce choix s’en félicitent chaque jour. Il est certes plus difficile d’éduquer un enfant atteint de ce handicap : temps d’assimilation plus long, maladies et déficits associés à cette pathologie à gérer. Mais ces enfants sont extrêmement affectueux, sans malice ni méchanceté, et ils rendent au centuple l’amour qui leur est donné.
S’ils ne savaient pas dans quelle mesure il serait évident pour eux d’aimer cet enfant, il n’a fallu pour ces parents que de le voir pour s’apercevoir qu’ils l’aimaient déjà.
On apprend toujours des autres, et on apprend encore plus de quelqu’un qui a besoin de nous. Un papa nous a confié une phrase entendue lors d’une conférence sur le handicap : « Que vienne dans ma vie mon sauveur, quelqu’un qui ait besoin de moi ! ». C’est au travers des attentes et des besoins de ce petit être abandonné un temps par la chance, que tous ces parents ont appris sur eux-mêmes par ce qu’apporte le don de soi.
Pour cette dernière partie, nous remercions de tout cœur la famille du petit Mathis, la famille belge de la grande Mélanie et celle de la petite Coralie. Ces familles nous ont ouvert une petite porte sur leur passionnante vie de gens qui – rares sont-ils – savent ce que signifient bonheur et amour.
Merci aussi à la Fondation Lejeune qui a transféré la demande de témoignage et sans qui cet article n’aurait pas été possible. Merci à l’association Emmanuel SOS adoption, qui œuvre chaque jour pour que ces enfants aient une famille aimante auprès d’eux.
Etre atteint de trisomie c’est avoir un chromosome en plus. C’est posséder davantage que les autres. Et cette différence n’est ni une tare, ni un défaut. C’est simplement une richesse.
article:
Articles sur le même thème:

Avoir une sœur trisomique ? Une richesse ! 
Jeunes, belles, courageuses… et trisomiques

  1. je suis une maman de 5 enfants suis veuves mes deux derniers nous les avons adopté ils sont trisomiques et jamais non vraiment jamais j’ai regrete notre choix malgres le deces de mon mari il y a 10 ans on m’a déjà pose la question on m’a dit que j’etais folle …..et mes 3 filles biologiques adorent leurs freres voila j’avais envie de vous le dire
    France

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *